L'indépendance : un acte littéraire !

Photo

Cela n’aura échappé à personne : le Congo vient de célébrer les 50 ans de son indépendance. Un anniversaire marqué de festivités capitales à Kinshasa, mais aussi d’une pléthore de publications... dont Renaissances africaines (06.2010 - BOZAR BOOKS/SilvanaEditoriale), un recueil de textes littéraires commandés par BOZAR à 28 écrivains africains, et doublé d’une soirée littéraire, le 25 septembre, en clôture de notre festival L'Afrique visionnaire (avec In Koli Jean Bofane, Alain Mabanckou, le rappeur Awadi, etc.).

Autre publication des plus marquantes : Mémoires noires (05.2010 - Racine/RTBF) du journaliste François Ryckmans, ancien envoyé spécial de la RTBF en Afrique centrale (de 1991 à 2007), lui-même fils d’agent de l’Administration territoriale, et plus encore petit-fils du Gouverneur général du Congo belge de 1934 à 1946. C’est dire s’il connaît la région comme sa poche. Pourtant, pour son ouvrage de 300 pages consacré dernières années du Congo belge jusqu’à la naissance du Congo indépendant, François Ryckmans « a voulu que les Congolais eux-mêmes racontent leur propre histoire ». Une démarche, en fin de compte, presque à contre-courant de toute la littérature existante.

Pour Colette Braeckman du journal Le Soir, il n’y a pas de doute : Mémoires noires forme « un ouvrage remarquable qui rassemble des points de vue inédits, ceux des Congolais, intellectuels, acteurs de premier plan ou témoins ordinaires, à propos d’une histoire qui jusqu’ici n’avait été racontée que par des Belges. Des récits qui permettent d’enfin situer l’histoire dans son contexte. » Parmi tous ces récits, celui de Thomas Kenza – étudiant à Bruxelles au moment de la fameuse Table ronde belgo-congolaise de 1960 – rappelle avec émotion le rôle fédérateur qu’a joué le tube Indépendance Cha Cha, créé sur place par l’African Jazz du Grand Kalle.

Cette démarche de rencontre des Africains, on la retrouve précisément au centre du projet Renaissances africaines (06.2010 - BOZAR BOOKS/SilvanaEditoriale), un recueil de textes littéraires que 28 écrivains africains ont envoyés en réponse à la question que nous leur avions posée fin 2009 : « Qu’est-ce que l’indépendance ? Une victoire, une illusion ou une utopie ? » Ce livre-témoignage (disponible au BOZAR SHOP au prix de 18 euros) sera même doublé d’un ambitieux événement, La Parole aux écrivains (25.09), s’ouvrant par un débat marqué notamment de la participation d’In Koli Jean Bofane et Alain Mabanckou.

Nouvelle preuve de l’importance de la chanson dans le processus d’émancipation des colonies, la contribution de l’auteur camerounais Eugène Ébodé au projet commence par ces mots éloquents : « Il y a cinquante ans (...) Grand Kalle mettait sur toutes les lèvres africaines le chant fédérateur qui allait symboliser la liberté recouvrée : Indépendance Cha Cha. Il ne faisait pas de doute, à l’époque, que les lendemains du continent seraient enfin rayonnants. Le désenchantement est vite venu, même si les musiciens (...) ont continué d’enfiévrer les nuits africaines. » Cette histoire du peuple africain affranchi, revivez-la en chansons ce 16 juillet, à la faveur du grand concert 50 ans de musique congolaise porté tant pas la génération de Papa Wemba que celle de Werrason, mais aussi des cinq concerts gratuits de rumba acoustique (09, 10, 11, 17 & 18.07). Là où la petite histoire rencontre la grande...